FLOX, cherche et apporte !

FLOX, cherche et apporte !

Quand la chenille devient papillon

  

   Que les changements sont rapides ! En moins d’un mois le bébé pataud a perdu ses rondeurs pour prendre une ligne plus élancée, et l’ascension progressive des oreilles est devenue évidente. Bientôt la pointe ne flottera plus au gré de ses jeux et de ses courses folles.

 

 

 

 

 

   Le couchant exalte les teintes chaudes de l'automne, dans le grand jardin où Flox a mené ses ébats.

 

 

   La prairie est propice au pistage : il y a donc aussi travaillé, avant de retourner à ses jeux. 

  

      Maintenant la nuit est tombée, et Tit Flox va bientôt d'endormir, le doudou tout contre lui..

 

 

 

   Trois mois et demi déjà ! Les oreilles sont droites. Flox se change peu à peu en jeune chien : il s’assoit pour mieux observer les bizarreries du monde. Il réfléchit et analyse : fin prêt pour les apprentissages, les mauvais comme les bons ! Si on ne lui fournit pas de saines occupations, il s’en trouve lui-même. Il y a tellement d’objets à ronger ou déchiqueter !

 

   En promenade dans les champs, fini de folâtrer dans les herbes comme un bébé ! Le nez en l’air, il fonce à la poursuite de perdrix qu’il a débusquées, ou, le nez collé au sol, se concentre sur d’alléchantes odeurs. Soudain, il piste fébrilement dans le chemin une odeur qui le mène dans le champ à un lapereau mort qu’il saisit avidement. Dure bataille pour le lui faire lâcher !

 

 

 

 

   Il déborde d’amabilité envers ses congénères. Derrière le grillage entourant un pavillon, vit un grand chien noir dont les aboiements l'avaient impressionné le premier jour. Sans race précise, il a un port élégant, l’oreille semi-dressée, et un bon regard chaud. Dix centimètres de jour sous le portail leur permettent, à Flox et lui, d’échanger leurs amitiés, chacun passant alternativement la tête ou les pattes sous la grille à la rencontre de l’autre. Flox en promenade matinale ne manque jamais de courir le voir.

 

   A l’approche de ses quatre mois, il est devenu un petit faon gracile aux grandes jambes et aux longues oreilles pointues, rallongées par les poils de bébé : ça sert de parachute quand on se lance d’une butte de terre ! La gauche est retombée le jour du rappel des vaccins pour remonter le lendemain. Les sourcils se fournissent sans encore retomber sur l’œil ténébreux mais brillant de petit fauve.  A peine un soupçon de barbichette. Il a roussi avec l'automne.

 

 

Jeux interdits dans le salon

 


   Il faut bien de temps à autre se rendre en ville. Au début, Flox a reculé quand passaient rapidement de grosses masses bruyantes et malodorantes, puis il s’est assis pour les observer ; elles ne lui inspirent plus maintenant qu’indifférence : les odeurs et tout ce qui traîne à terre, c’est bien plus intéressant ! La maîtresse elle aussi marche les yeux rivés au sol : Flox attrape et avale si prestement les mouchoirs en papier qu'il faut le devancer !

   Quand il ne dort pas, il est en pleine action. Il aimerait bien que les promenades accordées soient plus longues ! Pourtant, son deuxième plaisir après la chasse aux odeurs est de tracer des cercles endiablés autour des humains, d’escalader et dévaler les talus. Gare aux collisions quand il revient : mieux vaut écarter les jambes pour qu’il puisse passer dessous ! Et dire que la maîtresse prend la peine de le porter dans l’escalier pour ménager ses articulations !

 

  A la maison, il a commencé à faire le concierge : un bruit extérieur, et le voilà qui demande à sortir et court au portail. Le perron est un poste d’observation apprécié.

   Quand il se met à tout happer, c’est qu’il s’ennuie, ou qu’il est fatigué et énervé comme les enfants, ou qu’il a faim. Seule solution pour récupérer l’objet volé, transformer le larcin en rapport d’objet, récompense à la clé… quand c’est possible !

 

  Aujourd’hui, le calme règne dans la maison. Flox repu vaque à ses besoins matinaux dans le jardin enneigé, la porte d'entrée simplement repoussée. En un éclair, dans la salle de bains, pointent deux oreilles, des dents adroites happent le gant de toilette posé sur le lavabo, et le tout, oreilles aérodynamiquement rabattues vers l'arrière, fuit avec le trophée dans le jardin. Pas question de suivre par ce froid en tenue légère ! Quelques instants plus tard, Flox est à nouveau à l’intérieur, le gant terreux gît sur le seuil. Le jeu sans poursuivant a perdu tout intérêt.

 

Petite canaille

 

   Et le chèque envoyé par l'assurance, récupéré dans la gueule ! Heureusement, il manquait seulement un morceau blanc, car, dans le domaine du papier, on est exclusivement kleenosopalinophage. Le reste, on se contente de le déchirer.

 

   Première invitation à dîner… enfin… pour Flox, seulement à regarder dîner ! On avait insisté pour qu'il vienne. Laissé un instant à la garde des amis réunis dans le salon, l’effronté, au retour de la maîtrese, léchait avidement la table basse, sur laquelle il avait renversé un verre, à demi-vide, ou à demi-plein ! Avec vingt-quatre heures d’avance, il fêtait au porto ses quatre mois.

 

   Dès que Flox voit planter les piquets qui matérialisent le départ d’une piste, il bout d’impatience : c’est qu’il faut le retenir d’une main ferme ! Enfin libéré, il va chercher l’objet déposé à quatre-vingt pas, et revient au galop.

   A sa dernière piste, dans un champ de petit blé, un peu déporté par un vent latéral, il s’est cependant débrouillé : a levé le nez, humé l’objet et l’a trouvé.

 

 

 

   Balade dans les bois enneigés, agrémentés de chaos gréseux, qui recouvrent les versants de la vallée, où court la Renarde. Le ciel, par-dessus les arbres blancs, était si bleu, si pur, la neige, lumineuse, si crissante sous les pas, que la promenade a dépassé la durée prescrite. Flox l'aurait pourtant volontiers poursuivie.

  Après ses journées bien occupées, il rejoint sans protester sa grande cage métallique, dont le fond est garni d’un épais tapis à longues mèches. Il couinera le matin en entendant préparer la gamelle.

 

 

  Sommaire TIT FLOX 

 

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Quand la chenille devient papillon

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Les copains

Bilan de la première année



06/04/2012
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