FLOX, cherche et apporte !

FLOX, cherche et apporte !

Lughan au Concours Général Agricole

 

   Cet après-midi-là, je travaillais ferme dans le jardin, tandis que papa Flox me regardait creuser sans m’aider. Le sol est dur, je n’étais pas encore parvenu à la bestiole dont je sentais les effluves, et qui vit là-dessous. Soudain voici ma « Môman » qui arrive, elle pousse de grands cris, et m’emmène manu militari en disant qu’on a rendez-vous. Elle attrape un torchon, le mouille et me frotte la barbe sans ménagement dans tous les sens, puis mes deux pattes avant. Elle a l’air pressée, me fourre en voiture dans la cage, démarre, s’arrête et m’en extrait, et nous voilà chez le véto : elle se confond en excuses, car je suis encore tout dégoûtant, dit-elle. Le véto me passe un peigne dans les poils pour voir si je n’ai pas de puces, prend ma température, regarde mon carnet de santé, et me voilà nanti d’un certificat sanitaire : je suis apte pour le « cégéa » le lendemain. Oui, mais il faut être bien propre, paraît-il. Alors, j’ai encore droit au nettoyage, il y a toujours de la terre dans ma barbe. Moi, ça ne me gêne pas, mais Môman, elle, s’entête.

 

 

   Le « cégéa », c’est quoi ? C’est à Paris ; pour y aller, on se lève tôt, dans le noir ; la voiture est glaciale : il fait  moins 10 degrés, a dit Môman. Quand on arrive, on attend longtemps, longtemps, pour entrer, et je vois plein d’autres voitures avec des cages. On se gare, on prend le sac, et on file chercher l’entrée du hall, vite : Môman a froid, pas moi ; c’est gris partout, je ne vois pas d’herbe. A l’intérieur, une dame approche de moi un appareil qui cherche les puces, Môman lui montre des papiers ; en échange elle reçoit un vetbed et le droit à une photo de moi, gratuite, qui sera sûrement plus belle que les siennes.

 

   Et nous voici dans un grand hall chauffé. Il y a des cages, comme en expo. Le premier que j’aperçois, c’est Farfadet, un copain pyrénéen pisteur !  Môman choisit une cage non loin, m’y installe sur le tapis, et ferme la porte. Je n’aime pas être enfermé, je l’ouvre, vite fait, d’un seul coup de nez, c’est facile ! Elle attache la porte, et s’éloigne un peu, je la suis en entraînant la cage, c’est facile aussi. Alors, finalement, elle laisse la porte ouverte : dans ces conditions, je veux bien rester sur le vetbed. Et puis, j’ai une jolie voisine.

 

   Mais voici qu’arrivent Loëzia la picarde et sa maîtresse, alors on va tous deux leur tenir la conversation, puis on retourne à la cage. Môman est bavarde, et trouve encore d’autres connaissances avec qui discuter. Moi, dans la cage, je n’ai personne. Au loin il y a Ippogriff.

 

   On va au stand de la SCC faire ma photo, et ça me distrait un peu.

 

   C’est maintenant l’heure pour les mâles d’aller se ranger par numéros dans un couloir, pour pénétrer un par un dans un grand cercle délimité par des barrières en bois. Il y a plein de monde autour. Chacun d’entre nous doit entrer en courant ; je suis le quatrième, quelqu’un annonce au micro que je suis un Berger de Picardie, puis il faut s’arrêter et attendre les autres. Ensuite, chacun à son tour, on doit aller voir des juges, pendant qu’on parle encore de nous au micro, et, comme d’habitude, se laisser regarder, toucher, faire un aller-retour et un grand cercle au trot, et rejoindre les autres. Quand tout le monde est passé, les juges viennent serrer la main des maîtres. Comme je ne suis pas un des trois plus beaux, qui doivent monter sur un podium, je pars avec les autres.

 

   Cela s’est passé de la même façon pour Loëzia et pour Ippogriff.

 

   On est resté encore longtemps, Môman bavardait toujours avec des connaissances, moi m’ennuyant sur le tapis : ma voisine dormait. Mais j’ai pu faire plein de bisous à une gentille jeune dame assise devant la cage d’en face : elle m’a longuement caressé et grattouillé parce qu’elle avait eu deux picards dans son enfance. J’ai vu passer beaucoup de deux pattes, des grands et des petits, pas toujours sages, que Môman surveillait : elle a répondu à des questions à mon sujet, a laissé quelques-uns me caresser. Finalement, j’étais bien dans ma cage ouverte, car on ne pouvait plus circuler dans les allées sans se faire marcher sur les pattes.

 

 

   De retour à la maison, j’ai été bien content de me les dégourdir avec mon père et mon copain Igor !

 



06/03/2018
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